1818-1834 Québec, le Gibraltar d’Amérique À sa fondation en 1608, Québec est conçu comme un poste de défense militaire de la colonie française. Le Régime anglais, qui débute en 1759, confirme la vocation militaire de Québec pour encore plusieurs décennies. Après la guerre anglo-américaine de 1812-1814, les autorités britanniques renforcent les défenses de la ville, ce qui lui vaut le surnom de « Gibraltar d’Amérique ». Le rôle militaire de Québec s’atténue progressivement par la suite, mais la ville demeure un lieu où les militaires sont omniprésents. Plusieurs œuvres artistiques d’époque témoignent de cette réalité.

L’année 1791 marque un tournant dans la grande histoire de l’Empire britannique d’Amérique du Nord et, parallèlement, dans la petite histoire de Québec. Cette année correspond l’entrée en vigueur de l’Acte constitutionnel, qui subdivise la grande colonie britannique nord-américaine en colonies distinctes, chacune ayant son Parlement. Le Bas-Canada entre alors en existence, avec Québec comme capitale parlementaire.

Pendant plusieurs décennies, la capitale du Bas-Canada développe son économie et de nombreux immigrants s’y établissent. Il s’agit notamment d’Irlandais, attirés par l’industrie de la coupe de bois et de la construction navale. La population de Québec passe d’environ 14 000 habitants en 1791 à environ 40 000 en 1840, dont près de 40% sont anglophones. Aussi, les Autochtones, désormais fortement minoritaires, continuent néanmoins de fréquenter la ville et sa région.